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dimanche 11 janvier 2026

Projet de portefeuille électronique adossé à la taxe de séjour

 

Projet de portefeuille électronique adossé à la taxe de séjour

Document de travail – Association Anzère R2


1. Objet du document

Le présent document a pour objectif de fournir aux membres de l’Association Anzère R2 une analyse structurée, argumentée et chiffrée d’un mécanisme de portefeuille électronique nominatif, financé par une part de la taxe de séjour payée par les résidents secondaires des communes d’Ayent et d’Arbaz.

Ce mécanisme vise à : - redonner au contribuable un pouvoir réel d’affectation d’une partie des fonds qu’il verse ; - améliorer l’efficience économique de la politique touristique locale ; - élargir l’offre de prestations touristiques au bénéfice de l’ensemble de la destination ; - réduire les tensions institutionnelles liées à l’augmentation continue de la taxe de séjour.


2. Contexte général

2.1 Situation actuelle

Les résidents secondaires des communes d’Ayent et d’Arbaz sont soumis à une taxe de séjour forfaitaire, dont le montant annuel varie selon la taille et la capacité d’hébergement du bien immobilier.

Cette taxe est justifiée par la nécessité de financer des prestations touristiques prétendument fournies « en faveur » des résidents secondaires. En pratique, l’essentiel des recettes est mis à disposition d’une société de droit public (Anzère Tourisme SA) caractérisée par : - des coûts élevés de personnel et de structure ; - un monopole de fait sur l’allocation des moyens ; - des subventions récurrentes à certaines entités (Télé Anzère, Spa & Wellness), indépendamment de l’usage réel par les contribuables.

2.2 Problème identifié

Le système actuel présente plusieurs dysfonctionnements : - absence de lien direct entre la taxe payée et les prestations effectivement consommées ; - faible acceptabilité fiscale chez les résidents secondaires ; - rigidité de l’offre touristique ; - allocation administrée des ressources, déconnectée de la demande réelle.


3. Principe du portefeuille électronique

3.1 Description générale

Le projet consiste à créer un portefeuille électronique nominatif attribué à chaque résident secondaire soumis à la taxe de séjour.

Une fraction prédéterminée de la taxe serait créditée chaque année sur ce portefeuille, sous forme de droits de dépense : - non convertibles en espèces ; - utilisables exclusivement pour des prestations touristiques locales ; - dépensables auprès de prestataires adhérant volontairement au système.

3.2 Chiffres de référence

Sur la base des hypothèses suivantes : - Recette annuelle totale de la taxe de séjour : CHF 2’500’000 - Nombre de résidences secondaires : environ 4’000 - Taxe forfaitaire par contribuable : CHF 200 à CHF 1’500

Il est proposé que : - 80 % de la taxe soit affectée au portefeuille électronique individuel ; - 20 % reste acquis au financement des frais généraux et des missions collectives de la politique touristique.

3.3 Illustration chiffrée

Taxe annuelle

Part affectée au portefeuille (80 %)

Part collective (20 %)

CHF 200

CHF 160

CHF 40

CHF 500

CHF 400

CHF 100

CHF 1’000

CHF 800

CHF 200

CHF 1’500

CHF 1’200

CHF 300

Au niveau global, cela représenterait environ CHF 2’000’000 injectés directement dans l’économie touristique locale sous contrôle des contribuables.


4. Modalités d’utilisation

4.1 Prestations éligibles

Les crédits du portefeuille pourraient être utilisés pour : - remontées mécaniques ; - piscine et installations sportives ; - spa et bien-être ; - activités sportives (escalade, fitness, cours) ; - manifestations culturelles ; - transports touristiques locaux ; - commerces et services touristiques agréés.

4.2 Prestataires

Tout prestataire local remplissant des critères objectifs (activité touristique, implantation locale, respect des règles fiscales) pourrait adhérer au système.

Cette ouverture permettrait : - une diversification de l’offre ; - l’intégration de petits acteurs aujourd’hui exclus ; - une concurrence fondée sur la qualité et l’attractivité réelle.


5. Analyse juridique – cadre valaisan et droit suisse

5.1 Fondements légaux de la taxe de séjour en Valais

En droit valaisan, la taxe de séjour repose principalement sur : - la Loi cantonale sur le tourisme (LTour) ; - les règlements communaux adoptés par les communes d’Ayent et d’Arbaz ; - le principe constitutionnel de l’autonomie communale (art. 50 Cst.).

La LTour confère aux communes une large marge d’appréciation quant : - à la perception de la taxe de séjour ; - à son affectation à des fins touristiques ; - aux modalités d’organisation des structures touristiques locales.

Aucune disposition cantonale n’impose un mode unique ou centralisé d’utilisation des recettes, ni ne réserve leur gestion exclusive à une société de destination déterminée.

5.2 Nature juridique de la taxe de séjour

La taxe de séjour est qualifiée, en droit suisse, de taxe causale d’affectation spéciale. Elle doit respecter trois principes : 1. existence d’un lien avec une prestation ou un avantage touristique ; 2. affectation des recettes à l’objet prévu ; 3. proportionnalité entre la charge et l’avantage général ou potentiel.

La jurisprudence du Tribunal fédéral admet expressément que : - l’avantage peut être potentiel et non effectivement consommé ; - la prestation peut être directe ou indirecte ; - la forme de la prestation relève du choix du législateur communal.

Le portefeuille électronique s’inscrit pleinement dans ce cadre, puisqu’il renforce le lien entre contribution et avantage.

5.3 Absence de restitution prohibée de l’impôt

Une objection fréquemment avancée consiste à assimiler le mécanisme proposé à une restitution d’impôt, ce qui serait juridiquement interdit.

Cette objection n’est pas fondée, pour les raisons suivantes : - aucun versement en espèces n’est prévu ; - les montants restent affectés exclusivement à des prestations touristiques locales ; - le contribuable ne peut ni épargner, ni transférer, ni détourner les fonds de leur finalité.

Il s’agit juridiquement d’un droit d’usage conditionnel, analogue aux cartes d’hôte ou aux prestations incluses dans des forfaits touristiques financés par la taxe.

5.4 Principe d’égalité de traitement (art. 8 Cst.)

Le mécanisme respecte pleinement le principe constitutionnel d’égalité : - tous les résidents secondaires soumis à la taxe bénéficient du même dispositif ; - le montant crédité est strictement proportionnel à la taxe payée ; - la liberté de choix d’affectation est identique pour tous.

La jurisprudence constante du Tribunal fédéral considère que l’égalité n’exige pas une uniformité d’usage, mais une égalité des droits et des possibilités.

5.5 Autonomie communale et compétence d’organisation

En vertu de l’autonomie communale garantie par la Constitution fédérale et cantonale, les communes disposent : - du pouvoir de définir le modèle de gouvernance touristique ; - de la liberté de déléguer certaines tâches à des entités tierces ; - du droit de modifier les modalités d’affectation des recettes fiscales affectées.

Le choix d’un portefeuille électronique : - ne remet pas en cause la perception de la taxe ; - ne supprime pas les missions collectives ; - n’affaiblit pas la compétence de surveillance de la commune.

Il constitue une modalité d’exécution de la politique touristique, non une dérogation au droit supérieur.

5.6 Sécurité juridique et contrôle

Le dispositif permet au contraire de renforcer la sécurité juridique : - traçabilité intégrale des flux financiers ; - transparence sur l’affectation effective des fonds ; - contrôle aisé par les communes et, le cas échéant, par les organes cantonaux.

Le risque juridique est ainsi inférieur à celui d’un système de subventions globales peu corrélées à l’usage réel.


6. Avantages du modèle

6.1 Pour les contribuables

  • ·         Acceptabilité fiscale renforcée
  • ·         Transparence
  • ·         Sentiment de justice
  • ·         Liberté de choix réelle

6.2 Pour l’économie locale

  • ·         Injection directe de liquidités
  • ·         Stimulation de la demande réelle
  • ·         Réduction des subventions automatiques
  • ·         Incitation à l’innovation

6.3 Pour la destination

  • ·         Meilleure adéquation offre/demande
  • ·         Réduction des coûts de structure
  • ·         Données précises sur les usages
  • ·         Image de destination moderne et responsable


7. Enjeux politiques et institutionnels

Les objections invoquant de prétendues impossibilités juridiques relèvent souvent : - d’une défense de positions acquises ; - d’un refus de perdre un monopole d’allocation ; - d’une confusion entretenue entre intérêt public et contrôle administratif.

Le portefeuille électronique ne remet pas en cause la solidarité touristique, mais met fin à un modèle de consommation administrée, au profit d’un pilotage par la demande réelle.


8. Conclusion

Le projet de portefeuille électronique constitue : - une réforme pragmatique et mesurée ; - juridiquement défendable ; - économiquement rationnelle ; - politiquement légitime.

Il offre une voie concrète pour réconcilier fiscalité, efficacité et acceptation citoyenne, tout en préservant un socle collectif de politique touristique.

Ce document constitue une base de discussion pour l’Assemblée générale de l’Association Anzère R2 et pour un dialogue constructif avec les autorités communales et cantonales.

jeudi 4 décembre 2025

Anzère 2040 Un mégalo-projet touristique pour qui, pourquoi ?

Anzère risque-t-elle de sacrifier sa montagne sur l’autel du divertissement à tout prix ? Derrière une étude dite « stratégique », coûteuse et prétendument participative, se profile un projet de transformation radicale de la station. Derrière les mots creux et les concepts prêts à l’emploi, c'est un Frankenstein touristique qui se prépare, marginalisant les résidents et remodelant la montagne en parc d’attractions. Anzère 2040 : La montagne a accouché d’une souris – ou pire ! Il y a quelques mois, en prélude à la saison d’hiver, ceux qui font la politique touristique sur l’Adret valaisan nous livraient les conclusions d’une étude prétentieusement « stratégique » et faussement « participative », dont le but annoncé était de construire pour la station d’Anzère « un projet qui nous rassemble pour un avenir qui nous ressemble ». Rien que cela ! Applaudissons la formule censée faire mouche, mais qui n’est – dans le langage politiquement correct et inclusif d’aujourd’hui – qu’un cache-sexe destiné à masquer une vérité qu’il ne faut ni dire ni montrer. En Suisse, notamment dans les régions de montagne valaisannes et bernoises, la pression liée au changement climatique, au boom des résidences secondaires et aux tendances du tourisme mondial ne cesse de s’accentuer. Les pistes de solution vont de la fiscalité aux limitations de visiteurs, en passant par des initiatives comme les « Alpine Sabbaticals ». Des initiatives fédérales, telles que la Lex Weber (limitant les résidences secondaires à 20 %), atténuent certains problèmes sans toutefois les résoudre. Cette étude, confiée bien entendu à des « experts » venus d’ailleurs, censés tout savoir et tout comprendre, et auréolés d’une objectivité et d’une impartialité supposées irréprochables, illustre parfaitement l’adage : un consultant est quelqu’un qui vous demande votre montre pour vous dire l’heure, et que vous payez pour cette clairvoyance. Pour un peu plus de 40 000 CHF, le cabinet français Protourisme–BR Conseil a livré le rapport attendu, consultable sur le site d’Anzère Tourisme, le donneur d’ordre. Le lecteur attentif ne pourra que constater que la souris dont la montagne a accouché n’a rien du projet rassembleur promis. Et il est permis de douter que cette « future station de rêve », imaginée par les promoteurs d’un tourisme de consommation de masse, corresponde aux attentes des quelques milliers de résidents secondaires. Leur voix a été soigneusement étouffée dans un processus bien huilé qui triait les intervenants, limitait leur temps de parole, ou – comme dans le cas de l’association Anzère R2 – les excluait purement et simplement de ce pseudo-dialogue. Les voix des habitants et des résidents secondaires sont systématiquement marginalisées par les plans des « experts » du tourisme D’entrée de jeu, le parti pris est clair : il faut combattre les « lits froids » qui menaceraient l’équilibre économique de la station. Les coupables sont désignés : les propriétaires de résidences secondaires, séduits jadis par la promesse d’une station familiale – qui s’éloigne plus que jamais-, mais qui conservent égoïstement leur logement pour leur usage privé. Pire encore, selon le rapport, une partie des R2 adopterait « une attitude d'opposition difficile à intégrer dans la concertation et la co-construction du projet, rigide dans sa posture et nuisible pour l’écosystème station ». On ne pouvait évidemment pas attendre du consultant qu’il morde la main qui le nourrit – surtout quand cette main tient l’association Anzère R2 à l’écart du cercle décisionnel depuis des années. Anzère compterait 8 666 lits, dont 60 % seraient « froids ». Le diagnostic établit, la solution est simple : Il n’y a qu’à augmenter le nombre de lits marchands et attirer une clientèle de passage par une offre de divertissement. Comment ? En multipliant les activités dites « ludiques » pour les « urbains aventuriers » et la génération Z – la génération Red Bull – consommateurs de loisirs « fun ». En s’inspirant d’autres stations, dans un exercice de benchmarking si prisé des Politiques, l’étude propose un véritable catalogue façon « Club Med » ou « parc d’attractions » : installations ludiques éparpillées au Pas de Maimbré, aux Grillesses, aux Rousses, au lac de Tzeuzier… tout pour satisfaire les amateurs de sensations qu’il faut bien entendu amener au pied de celles-ci au moindre effort. Tant pis pour la belle montagne des Anzérois de souche ou de cœur, étrangement silencieux face à ce qui s’annonce comme un saccage. Pour mettre en œuvre cette offre qualifiée d’«ambitieuse », il faudrait un budget de 20 à 25 millions de CHF – une somme parait-il modeste par rapport aux grandes stations – et créer une mégastructure de gouvernance centralisée à la hauteur de ces ambitions, regroupant toutes les instances existantes. Évidemment, pas un mot sur le financement concret, bien qu’il ne fasse pas de doute que ce sont les seconds résidents qui seront mis à contribution, ni sur les retombées économiques d’un court de padel, d’un parcours accrobranche, d’un pont himalayen ou d’autres miroirs aux alouettes. Le conflit qui secoue Anzère autour du tourisme de masse, des « lits froids » et de la transformation d’espaces naturels en parcs d’attractions se retrouve dans de nombreuses régions touristiques suisses. Les problématiques récurrentes : surcharge de visiteurs, tensions entre habitants et propriétaires de résidences secondaires, arbitrage entre protection de la nature et pression économique et fiscale, ainsi que résistance au surtourisme, ne peuvent pas être balayées d’un revers de main par une étude pseudo-stratégique et pseudo-participative. La conclusion de cette belle étude en technicolor, pas avare de bons mots, emprunte un aphorisme de Maurice Blondel pour achever d’emballer l’affaire : « L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare ». De quoi confirmer nos inquiétudes : nous sommes en plein constructivisme social. Les sachants décideront ce qui est bon pour nous – et pour eux – et nous dicteront la marche à suivre. Un dialogue constructif entre résidents secondaires, autorités et responsables du tourisme serait bien plus fructueux que leur exclusion systématique des projets d’avenir dans la région touristique d’Anzère. Si la montagne n’avait accouché que d’une souris, on s’en accommoderait encore. Mais c’est un Frankenstein touristique qui se construit, et l’avenir qu’on nous prépare ressemble fort à celui de la Rome décadente : « du pain et des jeux »., au détriment de la nature, de la tranquillité et sans beaucoup d’égards pour ceux qui aiment véritablement ce lieu. Anzère R2, Résidences secondaires Paul Delahaut Albert Ulrich

vendredi 15 août 2025

Circulez, circulez, il n'y a rien à voir ici.

 

 Die Kurtaxe von Anzère: Ein Musterbeispiel institutioneller AnomieWeitergehen, bitte weitergehen - hier gibt es nichts zu sehen

 La taxe de séjour d'Anzère:

  un exemple d'anomie institutionnelle avec un parfum de populisme 

Depuis trois ans, l'association Anzère R2, née de l'initiative spontanée d'un groupe de seconds résidents établis depuis plusieurs années dans les communes d'Ayent et d'Arbaz, s'est efforcée de nouer dialogue démocratique avec les autorités locales et de freiner les tentations taxatoires de celles-ci. 

Les résultats de cette action désintéressée sont décevants. Le dialogue a été refusé et les taxes ont augmenté sans justifications objectives, ni amélioration de l'offre. 

Pourquoi, ce qui paraissait un combat juste et modéré pour un "vivre ensemble" de qualité sur l'Adret et au service de l’intérêt général, n'a-t-il pas convaincu ?

 La question mérite d'être posée car ce "circulez, il n'y a rien à voir" opposé aux seconds résidents peut légitimement nous interpeller sur le fonctionnement des communes de montagne valaisannes et plus généralement sur le système politique en place qui ont fait les yeux doux aux seconds résidents et montré, comme le loup de la Fable, une patte enfarinée aux gentils petits cochons pour mieux les croquer.

 Le second résident, affublé du titre de "Meilleur ambassadeur d'Anzère", est en fait une "vache à lait". Cette expression qui date du milieu du XVIe siècle, se rapporte bien évidemment à l’image de la vache laitière dont les hommes tirent inlassablement profit en la trayant sans jamais que l’animal ne se rebiffe.  Selon la sagesse populaire, une personne assimilée à "une vache à lait" se laissera exploiter financièrement, souvent même sans s’en rendre compte.  C’est ce que l’on appelle familièrement « un brave type » !

Ce qui est reproché à l'association Anzère R2, c’est de se rebiffer. 

Invité à investir en Valais pour soutenir le marché immobilier, la richesse foncière des "indigènes", le secteur de la construction et par ruissellement l'économie régionale, le second résident, est cependant bien mal traité.

On se souviendra qu’il est prié de ne pas contaminer le valaisan craintif et de ne pas venir profiter de son bien lors des épidémies comme celle de la Covid, sans qu'on lui rembourse les taxes qu'il paye. Bien mieux, il est invité à partager son chalet ou son appartement s’il faut accueillir les Ukrainiens ou reloger les habitants de Blatten, le valaisan dont l'hospitalité est légendaire n'hésitant pas par voie de circulaire toutes-boîtes à solliciter le sens du devoir des seconds résidents. Après tout, il doit bien payer pour l'air qu'il respire.  Tous les procédés sont bons pour « réchauffer les lits » ce qui semble être une vraie obsession en Valais, s’agissant du lit des autres.

L’impôt est un « vol légal » et la taxe de séjour forfaitaire est probablement un des systèmes les plus perfectionnés.  En tout premier lieu, elle frappe des contribuables qui ne votent pas, des « sans-voix ». Ensuite, elle est présentée comme une redevance, c’est-à-dire la contrepartie d’un service qui leur est offert, même s’ils n’ont rien demandé ; c’est ce que l’on appelle un impôt de répartition dont l’affectation est en théorie définie.  Elle est forfaitaire pour en simplifier la perception, et doit donc être objective ou prétendue telle, pour apparaitre juste, ce qui concerne la définition de capacité d’hébergement dans des zones géographiques données. Elle est dosée ou calibrée pour ne pas franchir le seuil de pénibilité qui entrainerait la rébellion ou la jacquerie.  Bref, c’est une vraie science que de taxer le « Meilleur ambassadeur d’Anzère », en ménageant sa souffrance !

L’association Anzère R2 a analysé le dispositif mis en place dans les communes d’Ayent et d’Arbaz, mis en évidence divers dysfonctionnements et formulé plusieurs propositions d’amélioration. Elle s’est heurtée à un blocage et à une mise à l’écart systématique qui a culminé avec une plainte en diffamation introduite par un quarteron de décideurs locaux à l’encontre du Président de l’association. Faire taire à coup de triques, serait-ce le modus operandi de la démocratie locale pour empêcher la vache à lait de se rebiffer ?

Ce système de collusion d’intérêts se pare des habits du bon droit, de la justice fiscale et de la démocratie participative. Il n’en n’est rien.  L’expérience de notre association démontre qu’il y a un système bien rodé de collecte et de redistribution d’une recette fiscale prélevée sur un groupe ciblé pour financer un tourisme de consommation, sous couvert d’une apparente légalité. 

C’est un exemple de ce qu’en sciences sociales, on appelle une « anomie institutionnelle », c’est-à-dire une dégradation des normes sociales, une situation où les institutions ne servent plus les valeurs – le développement harmonieux d’une région de montagne pour « un futur qui nous rassemble », pour reprendre les derniers slogans d’enfumage de l’ATSA et de ses consultants en stratégie- qu’elles prétendent servir, mais des intérêts particuliers.  Les activités considérées à l’origine comme un moyen n'ont plus d’autre but qu’elles-mêmes :  le but vers lequel elles tendaient à l’origine est oublié et le respect des conduites prescrites est devenu simplement rituel.

Le problème est celui d’une station de montagne, modeste, accueillante aux familles et à une classe moyenne bourgeoise de bon aloi mais peu exigeantes, qui comme la grenouille de la Fable a voulu se prendre pour un bœuf, et rêve de jouer dans la cour des grands, hélas sans en avoir les moyens. C’est un bon sujet pour les doctorants en tourisme, ordinairement sollicités pour justifier les politiques publiques en place.

Après nous avoir vendu le premier règlement-taxe comme un moyen d’offrir aux seconds résidents et à leurs « hôtes » des expériences inoubliables grâce à un « Pass Anzère liberté », il a fallu rapidement déchanter et faire face à une structure coûteuse et peu performante, l’ATSA, et augmenter les taxes avec un nouveau règlement pour, sans rire, « maintenir le niveau des prestations ».  L’ATSA fonctionne en fait comme bureau  marketing de Télé Anzère, entreprise semi-publique portée à bout de bras par les communes et sauvée – temporairement – par le Magic Pass et le tourisme de consommation.

 Concrètement, cette anomie institutionnelle s’est manifestée de plusieurs façon  :

-            La procédure de consultation prévue par la loi en préalable à l’adoption du nouveau règlement a été une parfaite farce, au vu et au su de tout le monde, y compris des autorités de tutelle. On se souviendra que la Commune d’Ayent avait déjà adopté le nouveau règlement avant la fin de la procédure de consultation et a dû reprendre sa délibération.  A Arbaz, cela é été encore plus vite expédié, sans que l’on organise, comme notre Association l’avait demandé, un débat démocratique sur  les observations recueillies lors de cette consultation ;

-            Notre association a été  privée de parole, boycottée par « L’Agache », censé être le relais impartial de ce qui se passe sur l’Adret; l’ASPA, la « Claque » de ceux qui contrôlent les décisions, a cherché à nous faire exclure de l’Association faitière suisse des seconds résidents ; malgré nos propositions étoffées, nous  avons été écartés du groupe d’étude des projets  mis en place par l’ATSA ; plus récemment, bien que nous ayons déposé un mémorandum étoffé, nous avons été écartés de la « consultation stratégique » d’enfumage Anzere 2040  « pour l'amélioration des infrastructures à la stratégie touristique, en passant par la création des nouveaux lits chauds, projets reflétant notre engagement à créer un environnement transparent, prospère, inclusif et attrayant pour nos résidents (secondaires) et visiteurs ». etc… ;

-            Après avoir procédé à une analyse  pluriannuelle des comptes de l’ATSA mis en évidence le caractère coûteux de cette organisation de redistribution de subsides, des affectations discutables, des écritures comptables surprenantes, notre association agissant comme lanceur d’alerte  a saisi  l’Inspection cantonale des Finances;  Hélas, aucune transparence : nous n’avons pas été entendus et le rapport de cette autorité dont la mission est de «  lutter contre les irrégularités et dysfonctionnements  au sein des entités publiques du canton du Valais », n’est pas sorti de l’entre-soi  valaisan ; «  circulez, il n’y a rien à voir » ;

-            Notre association s’est activement impliquée dans le processus d’élaboration du nouveau règlement, notamment au niveau des services compétents du Canton, a fait part de ses objections et de ses souhaits pour une fiscalité  équitable et nous avons  subi l’ exemple parfait du déni de justice ; nous n’avons eu aucun écho, si ce ne sont des fins de non-recevoir courtelinesques ; notamment nous avions explicitement signalé à l’administration cantonale  qu’ à défaut d’être entendu, nos demandes valaient recours contre ce règlement ; celui-ci a finalement  été adopté et publié en catimini ; lassés d’attendre, nous avons réitéré notre recours en annulation du règlement qui a été rejeté, sans autre,  par le Tribunal administratif cantonal pour introduction tardive et pour ne pas avoir frappé à la bonne porte, alors que nous pensions que l’Etat du Valais était une seule personne morale coordonnant l’action de ses services ;

-            La boucle a été bouclée avec les recours individuels, introduits par quelques valeureuses et irréductibles « vaches à lait »  d’ Ayent et d’Arbaz. Ces recours ont été rejetés par l’autorité de tutelle, sans surprise puisque, juge et partie à la fois, elle avait approuvé ce nouveau règlement. Elle a esquivé la question des conditions de  légalité de la taxe de séjour forfaitaire.  Un système de taxation forfaitaire qui vise un groupe ciblé ne peut en effet être admissible que  s’il est objectif ( mode de calcul) et justifié ( affectation du produit de la taxe) ; c’est ce que  déclare la loi sur le Tourisme et ce que répète inlassablement le tribunal fédéral.  En  refusant de se livrer à un véritable contrôle de l’objectivité, l’ Etat du Valais  a  clairement mis en évidence le péché originel de ce système.  Cette objectivité prétendue n’est qu’un leurre ; censée  encadrer l’action des autorités  locales pour éviter l’abus d’un pouvoir discrétionnaire ; ce n’est qu’un cache-sexe. Ainsi à Anzère  (1) pour justifier le nombre magiques de 50 nuitées des seconds résidents des deux communes, sans distinction entre la station et la périphérie,   l’administration produit sans honte des données ramassées à la va -vite et  partielles pour ne pas dire anecdotiques de loueurs de biens, évidemment désintéressés, et des « statistiques » à l’échelle du canton, dont un étudiant de première année n’aurait aucune peine à dire qu’elles ne sont représentatives que de rien, et ( 2) pour justifier le taux de la taxe ( 5,50 CHF par UPM et par nuitée)  et sa hausse spectaculaire, elles se borne à déballer un catalogue de prestations fourre-tout genre «  Camping Paradis », mais en moins bien ( la dernière trouvaille étant « la plage à la montagne, avec sable et transats » !),  et incluant sans  vergogne  dans ce catalogue de nombreuses activités villageoises qui ne sont pas prises en charge par l’ATSA.

Le débat sur cette question ne manquera pas de revenir. Il a été évacué en donnant l’apparence d’une bonne administration des choses -déclarée objective-  pour masquer l’indigence du gouvernement des hommes, ce qui est malheureusement à certains égards la tentation actuelle dans nos démocraties, et  en maintenant le seuil de pénibilité de l’impôt à un coût inférieur aux procédures imposées aux seconds résidents pour se faire entendre et rendre justice, de façon à les décourager de se rebiffer.

Autre sujet pour les doctorants en tourisme qui ausculte Anzère : ce n’est pas une étude  stratégique tous les 5 ans  et une « politique de marque », soutenue par une communication coûteuses pour alimenter la machine du tourisme de consommation qui transformera  Anzère en « station familiale 4 saisons, durable, pour un avenir qui nous rassemble » et qui la fera remonter de la dernière place qu’elle occupe dans l’étude annuelle d’UBS sur l’attractivité de stations de montagne.

Les intérêts sont trop bien enracinés et la science économique ( l’Ecole des choix publics)  nous a appris que les hommes politiques sont des acteurs économiques comme les autres, dans le sens où ils agissent aussi par intérêt, et n’ont aucune incitation à remettre en cause un mécanisme de subventionnement dont ils bénéficient, pas personnellement bien sûr, mais parce qu’il étend leur sphère d’intervention et d’influence.

L’incohérence temporelle de la politique suivie, c’est à dire  une situation dans laquelle des décisions prises à un moment donné par des décideurs qui ignorent  à dessein la réalité, peuvent ne plus être optimales à un moment ultérieur en raison de changements dans l'environnement économique, ne manquera pas d’apparaitre face aux défis environnementaux, aux coûts de détention d’un patrimoine foncier en Valais, à la cherté de la Suisse , à la concurrence des offres, aux  attentes d’une clientèle de plus en plus exigeante…. de tout cela, pas un mot  du dernier « expert » commandité pour décrypter l’avenir à 15 ans de la station d’Anzère.

C’est pourquoi notre Association, même privée d’une voix au chapitre, restera vigilante et continuera d’être un lanceur d’alerte !

Pour Anzère R2,

Albert Ulrich et Paul Delahaut

dimanche 20 avril 2025

Gewisse Parallelen beim „organisierten“ Tourismusgeschäft in Kalabrien und Apulien und dem hiesigen Alpen-Tourismus

 


Zurück von der Reise durch Süditalien habe ich gewisse Parallelen vom „organisierten“ Tourismusgeschäft in Kalabrien und Apulien zum hiesigen Alpen-Tourismus festgestellt.

Sowohl in Apulien als auch in Kalabrien sind mir verschiedene Organisationen in den Bereichen Gesundheit, Müllverbrennung, aber auch im Tourismussektor aufgefallen.

Vor allem im krisengeschüttelten Süden, wo auch viele Touristen ihren Urlaub verbringen, werden Geschäfte von dubiosen Organisationen kontrolliert. Entweder investiert die Mafia selbst in Ferienzentren, Vergnügungsparks und Pensionen oder sie streicht Kommissionen von den Betreibern ein. Damit das Urlaubs-Geschäft die ganze Saison über unfallfrei verläuft, werden unter anderem Schutzgebühren verlangt.

Die „uomini d’onore“ (Ehrenmänner) leiten die Geschäfte. Viele Familienclans arbeiten autonom, wobei die regionale Koordination von Kommissionen übernommen wird, die sich aus den Oberhäuptern der einflussreichsten Familien und aus Politikern zusammensetzen.

Die Eigentumsrechte in den Regionen werden nach dem Vorbild neo-feudaler Systeme an ihren „Dienstadel“ verteilt. Ein solches System ist „die privatisierte Form des parasitären Staates“.

Die „Familie“ verlangt von ihren Mitgliedern strengsten Gehorsam und beinhaltet die für einen Geheimbund typische Pflicht zur Verschwiegenheit gegenüber Außenstehenden (omertà). Diese Merkmale finden sich in ähnlicher Form auch in anderen Syndikaten.

Ähnliche staatliche Strukturen wurden auch in den westlichen Demokratien diskutiert: So wurden sowohl dem amerikanischen Präsidenten Donald Trump als auch dem Präsidenten der deutschen Bundeskanzlerin Angela Merkel die Eigenschaften eines Paten zugeschrieben.

Für andere kriminelle Organisationen ist der Begriff „Mafia“ weniger gebräuchlich, obwohl sie Ähnlichkeiten aufweisen. Im Falle Mexikos spricht man beispielsweise in der Regel von Drogenkartellen und nicht von der „mexikanischen Mafia“.

Wehe dem…

Wehe dem, der glaubt, dass das System von Anzère Ähnlichkeiten mit Süditalien aufweisen könnte. Gewisse Verflechtungen zwischen Politik und Wirtschaft sind aber nicht von der Hand zu weisen. Landkäufe der Gemeinde für ein Immobilienprojekt durch Swiss Peak, einer privaten Aktiengesellschaft, aber auch Nutzungsrechte für Kunden einer überregionalen privaten Aktiengesellschaft zugunsten eines Bergbahnunternehmens wecken berechtigte Zweifel an der Ordnungsmäßigkeit der Vorgänge. Dies umso mehr, als die Inhaber von „Magic Pass“-Abonnements die gesamte Infrastruktur nutzen können, ohne einen Rappen dafür bezahlt zu haben.

Die Firma „Magic Mountains Cooperation“ zahlt zwar einen Obolus an die Bergbahnen, aber nichts an die Infrastruktur der Region. Dieses Vorgehen wird in Süditalien auf sehr ähnliche Weise getätigt. Was die italienischen Clans jedoch auszeichnet, ist ihr ehrenhaftes Verhalten gegenüber den Touristen. Diese werden nicht abgezockt, wie z. B. die Zweitwohnungsbesitzer in der Schweiz, denn ohne Touristen funktionieren die Geschäfte der Mafia, ob mit oder ohne Schnee, langfristig nicht.

Es wäre eine interessante Aufgabe für einen Wirtschaftsstudenten, das Geschäftsmodell „Anzère“ zu analysieren und es auch für die hiesigen Zweitwohnungsbesitzer zu optimieren.

Arrêt Conseil d'État TdS Urteil Staatsrat


 

Chers propriétaires de résidences secondaires,
Avoir raison ne signifie pas avoir gain de cause. La frustration est énorme pour les quatre recourants qui ont déposé des recours auprès du Conseil d'Etat valaisan concernant les taxes de séjour à Anzère. Nous étions tous conscients que cette autorité ne jugerait pas les recours entièrement en notre faveur. Même l'instance suivante, c'est-à-dire le Tribunal cantonal du Valais, suit en principe l'instance précédente. Il ne resterait plus qu'à saisir le Tribunal fédéral, ce qui, selon le cabinet d'avocats Kaeslin, Bänziger & Partner, signifierait un long procès avec beaucoup de papier (dossiers) et des frais élevés (CHF 20'000).Le comité a donc décidé de ne pas donner suite aux plaintes, c'est-à-dire de se résigner.
Nous continuerons cependant à nous battre pour nos droits et nos besoins légitimes en tant que R2 dans la région d'Anzère. L'association continuera à surveiller les mesures et les décisions des fonctionnaires locaux du tourisme et à agir en conséquence. En tant que membre de l'association suisse Alliance Résidences Secondaires Suisse, nous recevons des informations sur tous les efforts nationaux.
Ce qui se passe en Valais en matière de tourisme présente des similitudes évidentes avec les honorables sociétés de Calabre et des Pouilles.  https://walliser-zeitung.ch/gewisse-parallelen-beim-organisierten-tourismusgeschaeft-in-kalabrien-und-apulien-und-dem-hiesigen-alpen-tourismus/
Vous trouverez en annexe le jugement du Conseil d'Etat valaisan. Tous nos arguments, faits et explications fondés n'ont pas été pris en compte ou ont même été déformés par des idées et des statistiques fallacieuses. Les trois autres plaignants et membres de l'association ont également fait l'expérience de cette violation du droit. C'est pourquoi nous continuerons à déposer des recours au niveau communal si cela s'avère nécessaire et publierons à nouveau plus d'articles de presse pour attirer l'attention sur les dysfonctionnements d'Anzère. Il est également important que chaque R2 se plaigne avec véhémence des injustices auprès de l'administration communale, mais aussi auprès des entreprises touristiques.
Les propriétaires de résidences secondaires qui sont traités de manière injuste dans la région d'Anzère ne sont certainement pas non plus des consommateurs bienvenus de produits alimentaires, de boissons ou de services auprès des entreprises locales.

Amitiés

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